COMMENT PLANIFIER UNE ANNÉE SABBATIQUE

Vous rêvez de visiter une contrée lointaine, de ralentir le rythme effréné du “métro-boulot-dodo”, de modifier votre orientation professionnelle ou tout simplement de passer du temps de qualité avec ceux que vous aimez?

Le secret pour effectuer ce temps d’arrêt si précieux est de se préparer, de s’armer d’outils indispensables, de faire de bons calculs, mais surtout, de croire en vos rêves.

 

1. Se fixer des objectifs

D’abord, prenez le temps de réfléchir à ce qui motive ce choix et à ce que vous voulez accomplir durant cette période. La planification dépendra grandement de l’objectif derrière ce projet : un voyage de grande envergure, un projet de rénovation ou la poursuite d’une passion personnelle ne se prépare pas de la même façon.

Ainsi, lister vos désirs et vos buts pour cette année de pause vous permettra d’identifier les moyens nécessaires pour y parvenir. Sachez qu’il est également conseillé de préparer votre retour au travail dès le début.

Si votre objectif ultime est d’entamer un retour aux études, il est possible de retirer vos REER sans être pénalisé grâce au régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP). Ce programme fonctionne de la même manière qu’un régime d’accès à la propriété (RAP), à l’exception de la période de remboursement qui peut aller jusqu’à 10 ans.

 

2. Prévenir son employeur

Avant d’annoncer la grande nouvelle à votre employeur, renseignez-vous sur la réglementation entourant une sabbatique comme celle-ci peut varier d’une entreprise à l’autre. Par exemple, certains employeurs vous suggéreront une réduction de salaire pendant les mois ou les années précédant ce congé. Ainsi, vous serez continuellement payé, mais à un salaire moins élevé qu’à l’habitude. Dans d’autres scénarios, les employeurs vous demanderont de démissionner officiellement pour postuler à nouveau lors de votre retour.

Une fois cette situation éclaircie, déterminez si votre projet aura une incidence sur vos assurances et votre fonds de pension. Est-ce possible de continuer à cotiser à vos assurances? Y aura-t-il une suspension de votre fonds de pension, et en serez-vous pénalisé? Encore une fois, cela varie selon le milieu de travail. Il suffit d’adapter votre budget et de prévoir les bonnes protections. Si vous n’avez plus accès aux assurances fournies par l’employeur, il faudra vous en procurer. D’ailleurs, elles diffèrent grandement si vous voyagez ou si vous restez au pays.

 

3. Calculer son budget

Après avoir établi les objectifs de votre congé et les contraintes liées à votre emploi, vous pouvez faire un budget clair des dépenses que vous envisagez de faire et des revenus accordés pour cette année de pause. Si vous quittez votre résidence pour une période prolongée, n’oubliez pas d’inclure les frais fixes à payer malgré votre absence (paiement du loyer, électricité, etc.). Puis, il faut prévoir les dépenses propres aux projets, par exemple les frais de transports et de logement pour un voyage ou les frais de scolarité et les coûts du matériel didactique lors d’un retour aux études. Peu importe l’objectif de la sabbatique, il est toujours recommandé de réserver un certain montant pour les imprévus.

Pour payer ces dépenses, sachez qu’un retrait de vos REER n’est pas la meilleure option. Vous pourriez être pénalisé au moment de votre retraite. Cela s’applique aussi au fonds de pension, comme mentionné un peu plus haut.

Nous vous conseillons d’économiser en moyenne entre 10% et 20% de vos revenus habituels pour vous permettre une année de pause. L’idéal est de commencer votre budget le plus tôt possible afin de prévoir non seulement le congé, mais également la période qui le précède et celle qui le suit. Cela vous donnera un bon aperçu des coûts à long terme. Votre conseiller financier peut d’ailleurs vous accompagner dans cette étape, n’hésitez pas à lui en parler.

 

4. Convaincre son entourage

Enfin, la dernière étape est d’en discuter avec votre entourage. Recevoir l’appui de ses proches vous encouragera certainement à avancer dans la réalisation de votre projet, que ce soit par leur soutien moral ou financier. La plupart du temps, vous allez découvrir que vous n’êtes pas seul à avoir eu cette idée, même si elle ne fait pas toujours l’unanimité. Afin d’éviter ce bloquant, n’hésitez pas à démontrer votre planification rigoureuse, votre budget et les moyens que vous entreprenez pour vous assurer que le projet soit réaliste.

 

Conseillère chez Desjardins, j’ai moi-même prise un congé sabbatique d’une demi-année pour réaliser un rêve : aller enseigner le ski à Whistler. J’ai prévu ce projet au moins un an d’avance, notamment car les entretiens d’embauche étaient sept mois avant le début de la saison de ski. J’ai donc planifié mon arrêt de travail de même que mon retour avec mon employeur. Puis, je me suis renseignée auprès des personnes de mon entourage qui avaient déjà travaillé à cet endroit pour avoir une bonne idée du coût de la vie (logement, nourriture, salaire moyen). Cela m’a permis de prévoir mon budget, dans lequel j’ai aussi validé mes dépenses fixes et les frais de déplacement. Lorsque je faisais une dépense, je me questionnais à savoir si elle était réellement nécessaire afin d’économiser le plus d’argent possible dans le but de réaliser de mon rêve. Enfin, j’en ai parlé avec mes proches, qui n’ont pas eu une opinion unanime, mais je suis demeurée fidèle à mes plans bien organisés.

 

Bref, une sabbatique c’est un projet qui se planifie et qui est plus réalisable que nous le croyons. Permettez-vous de faire de vos rêves une réalité!

 

Jacinthe Bonin
Conseillère en finances personnelles

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Commentaires

  1. BRAVO Jacinthe! Pour cette belle planification pour une année sabbatique. Ton expérience décrite est très motivante!!!!!! BRAVO! Nous sommes très fier de toi!